Liste des destinations

Il est des lieux hors du temps. Peu importe où ils se trouvent, ils font partis du patrimoine de l'humanité.

La Rome antique

Forum

Romulus et Remus élevés par une louve. La naissance de Rome en 753 avant Jésus-Christ. L'enlèvement des Sabines. L'égémonie Etrusque au VIème avant Jésus-Christ. La république et son abolition en 27 avant Jésus-Christ. L'Empire. Le sac de Rome par Alaric en 410 après Jésus-Christ. La fin de l'empire romain d'occident en 476 après Jésus-Christ.

Nous sommes en 306 après Jésus-Christ, Constantin règne sur un empire qui englobe toute la Méditéranée. Rome, capitale de cet empire, s'étend sur 2000 hectares et compte 1 million d'habitants. La ville, à cette époque, est un amas de marbre, sans cesse embellie et restaurée. Elle compte 11 forums, 967 bains publics, 11 grands termes, 1352 fontaines approvisionnées par 19 aqueducs, 9 ponts, 12 basiliques, 43 arcs de triomphe en marbre, 28 bibliothèques, 2 amphithéâtres, 5 cirques, 200 temples...

Que reste-t-il de cette Rome au XXIème siècle ?
Le Foro Romano s'étend de la colline du Capitole jusqu'à l'Arc de Titus. Coeur politique, économique et judiciaire de la Rome antique, c'est aujourd'hui une longue allée encadrée de ruines monumentales.
Il Palatino fut choisi par Romulus pour bâtir Rome. Le mont Palatin était recouvert, dès la période républicaine de palais et des maisons des patriciens. On peut y admirer aujourd'hui la Domus Flavia (palais de Flavien).
Le Colisseo fut inauguré par Titus, en 80 après Jésus-Christ. Gigantesque arène de 188 m de long, 156 m de large et 57 m de haut, il pouvait accueillir 55 000 spectateurs.
Les Terme di Caracalla , la Via Appia Antiqua et autres Orti Farnesiani (jardins Farnese) devront attendre notre prochaîne visite.

Mais, éloignons-nous quelques instants de Rome. A 35 km au Nord-Ouest, à l'embouchure du Tibre, Ostia Antiqua est fondée en 335 avant Jésus-Christ. Le port d'Ostie a 2 missions : d'une part assurer le ravaillement de Rome et d'autre part servir de base navale pendant les guerres puniques.
Suivant le plan classique d'une ville romaine, Ostie est organisée autour d'un axe central, le Decameus. Au centre se situe le Forum avec le Capitolium. De part et d'autre du Decameus, on trouve un amphithéâtre, des magasins, des commerces, des habitations et, bien sur, des thermes ornés de magnifiques mosaïques blanches et noires.
Après avoir compté près de 50 000 habitants aux temps de son apogée, Ostie déclina au IVème siècle après Jésus-Christ, entrainé par la perte d'influence de Rome. Elle disparue, ensevelie sous les alluvions du Tibre, ses habitants décimés par la malaria.

Rome, capitale de la chrétienté

Vatican

C'est avec Pierre que le Christianisme arrive à Rome. Crucifié par Néron en 65, la tradition romaine en fera le premier pape. Pendant 3 siècles, jusqu'à la conversion de Constantin en 337, les périodes de persécution et d'expansion s'alterneront pour la communauté chrétienne. C'est ce même Constantin qui fit bâtir la première Basilique sur le tombeau de Saint-Pierre. La construction de l'édifice actuel a débuté en 1506 pour s'achever en 1626 sous le règne de Paul V. C'est le symbole de l'autorité pontificale qui s'est excercée jusqu'à nos jours, parfois vacillante, comme le rappelle la période avignonaise au XIVème siècle, parfois éclairée et flambloyante avec les papes mécènes de la renaissance.

Depuis les accords de Latran en 1929, l'état du Vatican a une superficie de 44ha, moins de 300 habitants, dont une centaine de gardes suisses, mais c'est 6 millions de pélerins et visiteurs qui s'y rendent chaque année.
Par la via della Conciliazione, on accède à la place Saint-Pierre. Au centre se dresse un obélisque du Ier siècle avant Jésus-Christ, autour une quadruple rangée de colonnes due au Bernin. Un escalier monumental permet de pénétrer dans la basilique Saint-Pierre, la plus vaste des églises du monde chrétien. Outre la place et la basilique Saint-Pierre, le Vatican a sa gare, sa station de radio, sa poste, ses magasins, ses jardins...

Avec ses 950 millions de chrétiens, le Vatican est la capitale du plus grand "royaume" du monde.

Rome, entre baroque et renaissance

Pieta

Une visite au musée Pio-Clementino permet d’admirer nombre d'oeuvres de la Grèce antique, tel le torse du Belvédère, qui représenterait le torse d’Hercule et est caractérisé par une torsion du corps laissant apparaître tous les muscles.

Puisant son inspiration dans cette antiquité grecque pour la transcender, la renaissance italienne a atteint son apogée (vers 1495-1520) avec Michel-Ange, dont le nom évoque à lui seul le génie artistique.

Né en 1475, Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, réalise de 1497 à 1499 son premier chef d’oeuvre représentant une Pietà. La Vierge, dont le visage à la fois pathétique et doux domine de sa pureté l’ensemble de la composition, reçoit le corps du Christ dans les plis de sa robe. Le travail du marbre permet d’obtenir des effets de lumière, rendus par le mouvement des plis, qui dirige le regard vers le visage de la Vierge. Ce groupe, signé de la main du sculpteur, témoigne d'une maîtrise parfaite et apporte à son auteur une notoriété qui dépasse l’Italie.
Répondant à l’invitation du Pape Jules II, Michel-Ange réalisa les peintures de la chapelle sixtine de 1508 à 1512. Entourant neuf scènes du Livre de la Genèse dont l’exceptionnelle Création d’Adam et Eve, plus de 300 figures représentent prophètes, Sibylles et autres thèmes de l’Ancien Testament. Pour compléter ce chef-d'oeuvre, Clément VII lui demanda de peindre la fresque du Jugement Dernier. Exécuté entre 1535 et 1541, sous le pontificat de Paul III Farnèse, cette fresque représente l’humanité face au Salut. Une lumière chaude et bleue baigne les personnages distribués autour des figures centrales du Christ et de la Vierge.
Conçue par Michel-Ange en 1536, la place de capitole par l’unité de sa conception et par son harmonie d’ensemble, est une des plus belles expressions de l’architecture renaissante. Au centre d’un élégant dallage se dresse (une copie de) la statue équestre de Marc Aurèle.

Scupteur, peintre, architecte, Michel-Ange fut aussi ingénieur militaire et poète. Il n’eut pour rival que Léonard de Vinci (beaucoup moins prolifique) pour lui contester la place de plus grand génie de l’histoire de l’art. Inspirant durablement ces contemporains, Michel-Ange a ouvert la voie au maniérisme et au baroque.

Tombeau Alexandre VII

Gian Lorenzo Bernini (1598-1680), dit le Bernin, est la figure de proue de l'art baroque en Italie et dans toute l'Europe. Une visite à la villa Borghèse permet de s’en convaincre. Avec son David (1624), il se mesure directement à son illustre prédécesseur. Autant l'oeuvre de Michel-Ange est posée, digne, racée, élégante, autant Le Bernin parvient, en représentant David sur le point de lancer son projectile à l'aide de sa fronde, le torse tourné, le visage grimaçant d’effort, à réunir tous les éléments de l’art baroque : l’énergie, le mouvement, le dynamisme.
Alexandre VII commande au Bernin la colonnade de la place Saint-Pierre lequel trouve une solution urbanistique et symbolique élégante en concevant une colonnade qui s’écarte depuis la basilique comme deux bras qui accueillent la foule. On lui doit, aussi, le baldaquin aux colonnes torses du maître-autel de la basilique Saint-Pierre. A la fin de sa vie (entre 1671 et 1678), il réalise le tombeau d’Alexandre VII avec les allégories de la Charité, de la Vérité devant la Prudence et la Justice avec une porte qui symbolise le passage vers l'au-delà.

Pas question de quitter Rome sans faire un détour par la fontaine de Trevi qui est un exemple de la perpétuation du style baroque dans la Rome du XVIIIe siècle, de par son mélange des effets et sa monumentalité. La niche principale abrite le dieu Océan entouré par l’abondance et la salubrité.

Bibliographie

Le texte ci-dessus est excluvement illustré de photographies prises par moi-même au cours du week-end prolongé passé à Rome du 28/09 au 01/10/2006. Le texte pour sa part est très largement inspiré de mes lectures dont vous trouverez ci-dessous une courte bibliographie.